Beauté

Création de site internet pour un institut de beauté

Les solutions génériques traitent toutes les prestations de la même façon : un nom, un prix, une durée fixe. Un institut ne fonctionne pas ainsi. Une pose de cils dure deux heures, un remplissage quarante minutes, un soin visage varie selon le protocole choisi. Ajoutez les forfaits, les cartes cadeaux, les acomptes et les annulations de dernière minute, et l’outil standard se met à fuir de partout. Cette page décrit comment structurer un site autour de ces réalités.

Durées variables
Chaque protocole a son temps de fauteuil, rarement un multiple de trente minutes
Six critères
Les allégations sur les soins doivent respecter le règlement (UE) 655/2013
Arrhes ou acompte
Deux régimes juridiques distincts, à trancher dans vos conditions de vente
Décret de mai 2024
Encadre l’épilation à la lumière pulsée et au laser non thérapeutique

01Pourquoi les modèles génériques craquent sur une carte de soins

Un thème de site tout fait suppose des prestations comparables, alignées en colonnes. Il gère mal une carte où le soin le plus court dure vingt minutes et le plus long trois heures, où certaines lignes exigent un diagnostic préalable et d’autres non.

Le symptôme est toujours le même : la carte devient un long tableau illisible sur téléphone, les prestations phares se noient au milieu des petites lignes, et personne ne trouve l’information qu’il cherchait.

La correction ne passe pas par un plugin supplémentaire. Elle passe par une architecture pensée pour vos familles de soins, où chaque univers dispose de son propre espace et de son propre vocabulaire.

  • Une entrée par univers : ongles, regard, visage, corps, épilation, spa
  • Durée réelle et fourchette annoncées prestation par prestation
  • Distinction visible entre première séance et séance d’entretien
  • Repérage immédiat des soins nécessitant un rendez-vous préalable

02Onglerie : la logique de la pose et du remplissage

L’onglerie a une particularité commerciale rare : le rendez-vous suivant est presque programmé par le précédent. Le remplissage revient à intervalle régulier, et la valeur d’une cliente se mesure sur l’année, pas sur la première visite.

Le site doit donc rendre limpide la différence entre une pose complète, une dépose, un remplissage et une réparation unitaire. Ces quatre lignes n’ont ni le même prix, ni la même durée, et les confondre crée du retard en cabine.

S’ajoutent les techniques et les finitions, qui font le niveau de l’institut et méritent d’être nommées précisément plutôt que regroupées sous une étiquette vague.

  • Pose complète, remplissage, dépose, réparation : quatre lignes distinctes
  • Techniques nommées : gel, résine, chablon, capsule, semi-permanent
  • Suppléments clairement chiffrés : décor, french, longueur, nail art
  • Rythme d’entretien conseillé, indiqué sans le présenter comme une obligation

03Extension de cils et microblading : le rendez-vous long

Ces prestations immobilisent un poste plusieurs heures. Une annulation tardive ne coûte pas un créneau, elle coûte une demi-journée, et c’est ce qui rend la mécanique de réservation critique.

Elles impliquent aussi une préparation côté cliente. Arriver démaquillée, éviter certains produits avant la séance, prévoir une retouche à trois ou quatre semaines : ces consignes se donnent en amont, pas dans la salle d’attente.

Le microblading ajoute une couche : il s’agit d’une technique de maquillage semi-permanent avec effraction cutanée, soumise à des obligations d’hygiène et de salubrité propres. Le site doit rester descriptif, sans jamais glisser vers un vocabulaire de soin médical.

  • Page dédiée par technique, avec durée réelle de la première pose
  • Consignes de préparation envoyées avant la séance
  • Retouche présentée comme une étape du protocole, avec son délai
  • Contre-indications mentionnées et renvoi vers un professionnel de santé

04Massage et spa : vendre un temps, pas un geste

Un espace spa se réserve autrement. La cliente ne cherche pas une technique précise, elle cherche une durée et une intention : une heure pour souffler, une demi-journée à deux, un rituel avant un événement.

La structure du site suit donc le temps disponible avant de suivre le catalogue. Une entrée par durée, puis le détail des protocoles à l’intérieur, correspond mieux au raisonnement réel du visiteur.

Le vocabulaire demande une vigilance particulière. Un massage de bien-être n’est ni un acte thérapeutique, ni un acte de kinésithérapie, et rien dans les textes du site ne doit laisser croire l’inverse.

  • Entrées par durée : trente minutes, une heure, demi-journée
  • Formules duo et privatisation présentées séparément
  • Modelage de bien-être décrit sans terme médical ni promesse de soulagement
  • Accès, vestiaire, équipement fourni : les questions posées avant de venir

05Forfaits et cartes cadeaux : la partie qui se fait toujours mal

Les forfaits et les cures posent une question que les sites génériques éludent : que se passe-t-il entre l’achat et la consommation. Une cure de six séances payée d’avance crée une créance, un suivi, et une date de fin.

La carte cadeau soulève les mêmes points, avec une nuance juridique en plus : la durée de validité et les conditions d’utilisation doivent être portées à la connaissance de l’acheteur avant l’achat, pas découvertes au moment de l’encaissement.

Rien de tout cela n’est compliqué à écrire, mais tout doit être écrit. C’est le genre de sujet qui ne coûte rien tant qu’il ne pose pas de problème, et qui coûte une cliente le jour où il en pose un.

  • Contenu exact de chaque forfait, prestation par prestation
  • Durée de validité d’une cure et d’une carte cadeau, affichée avant l’achat
  • Cession possible ou non de la carte à un tiers, précisée
  • Sort des séances non consommées, énoncé sans ambiguïté

06Acomptes et annulations : la règle des arrhes

Demander une somme à la réservation est légitime sur les prestations longues. Encore faut-il savoir ce que cette somme engage, et le dire.

L’article L.214-1 du code de la consommation pose la règle : sauf stipulation contraire du contrat, les sommes versées d’avance sont des arrhes. Dans ce cas, chacun peut se dédire, la cliente en perdant la somme, le professionnel en la restituant au double. L’acompte, lui, engage fermement les deux parties.

La conséquence pratique est directe. Si vos conditions générales ne qualifient rien, c’est le régime des arrhes qui s’applique par défaut, avec le doublement à votre charge. La qualification se choisit et s’écrit avant la première réservation en ligne.

Somme verséeEffet juridique par défaut
ArrhesLes deux parties peuvent se dédire : la cliente perd la somme, le professionnel la restitue au double
AcompteEngagement ferme des deux côtés, l’exécution peut être exigée
Rien de qualifié dans le contratLe régime des arrhes s’applique, article L.214-1 du code de la consommation

Source : article L.214-1 du code de la consommation, Légifrance, consulté le 21 août 2026. Ce tableau ne remplace pas la rédaction de vos conditions générales par un professionnel du droit.

07Ce que vous pouvez écrire sur les effets d’un soin

Les allégations relatives aux produits cosmétiques répondent à six critères communs fixés par le règlement (UE) n° 655/2013 du 10 juillet 2013 : conformité avec la législation, véracité, éléments de preuve, sincérité, équité, et choix en connaissance de cause.

La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes contrôle sur ce fondement, combiné au code de la consommation, pour écarter les allégations non sincères, trompeuses ou ambiguës. Les suites vont de l’amende au retrait du marché.

En clair : décrire un soin, sa sensation, son déroulé et sa fréquence ne pose aucun problème. Affirmer qu’il efface, qu’il traite ou qu’il fait maigrir engage votre responsabilité et suppose des preuves que vous n’avez probablement pas.

  • Décrire le geste et le ressenti plutôt qu’un résultat mesurable
  • Bannir traite, efface, guérit, garanti, prouvé sans étude à l’appui
  • Ne jamais présenter un soin esthétique comme un acte thérapeutique
  • Reprendre les mentions du fabricant sans les amplifier

08Épilation lumière pulsée et laser : le cadre a changé

Le sujet a longtemps été flou. L’arrêté du 6 janvier 1962 classait ces techniques parmi les actes médicaux, et des esthéticiennes ont été condamnées pour exercice illégal de la médecine sur ce fondement.

Le Conseil d’État, par sa décision du 8 novembre 2019, a jugé que les restrictions imposées à la libre prestation de services n’étaient plus justifiées et a conclu à la nécessité d’abroger ce texte.

Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, codifié aux articles D.1151-1 à D.1151-11 du code de la santé publique, fixe désormais les conditions applicables aux actes d’épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique. Concrètement, une prestation ne s’annonce sur un site que si l’institut remplit les conditions qu’il pose.

ÉtapePortée
Arrêté du 6 janvier 1962Classait ces épilations parmi les actes réservés aux médecins
Conseil d’État, 8 novembre 2019Juge la restriction non justifiée et conclut à l’abrogation nécessaire
Décret n° 2024-470 du 24 mai 2024Fixe professionnels autorisés, qualifications et conditions de réalisation
Articles D.1151-1 à D.1151-11 CSPCodification du dispositif applicable

Sources : Légifrance, décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 et section D.1151-1 à D.1151-11 du code de la santé publique, version au 16 juillet 2025. Consultés le 21 août 2026. Vérifiez votre situation auprès de votre organisation professionnelle avant d’annoncer ces prestations.

09Ce que nous mettons dans le devis, et ce que nous n’affichons pas

Aucune référence client ne figure sur cette page, aucun institut nommé, aucun résultat chiffré attribué à qui que ce soit. Nous préférons montrer notre raisonnement plutôt qu’une galerie de logos.

Nous n’annonçons pas non plus de tarif ici. Une carte de vingt soins et une carte de quatre-vingts ne demandent pas le même travail d’architecture, et un devis honnête se construit après avoir vu la carte.

Ce qui est fixe, en revanche : le périmètre est écrit avant de commencer, les contenus sensibles passent par une relecture juridique de votre côté, et vous repartez avec les moyens de faire vivre le site sans dépendre de nous.

  • Audit de votre carte avant toute proposition d’arborescence
  • Textes soumis à votre validation, notamment sur les allégations
  • Conditions générales renvoyées à votre conseil, jamais rédigées par nous seuls
  • Passation complète : accès, code, procédure de mise à jour

10Questions fréquentes

Comment gérer des prestations qui n’ont pas la même durée ?

En arrêtant de les traiter comme une liste homogène. Chaque univers de soins reçoit son espace, et chaque prestation affiche sa durée réelle plutôt qu’un créneau arrondi. La distinction première séance et séance d’entretien change beaucoup de choses en onglerie comme au regard, puisque les deux n’immobilisent pas le poste aussi longtemps. Cette structure évite les retards en cabine et supprime la moitié des appels de vérification que vous recevez avant un rendez-vous.

Peut-on vendre des cartes cadeaux depuis son site ?

Oui, à condition de traiter le sujet sérieusement. La durée de validité et les conditions d’utilisation doivent être portées à la connaissance de l’acheteur avant l’achat, pas au moment de l’encaissement. Précisez également si la carte est cessible à un tiers, ce qu’il advient d’un solde partiel, et si elle couvre les forfaits ou seulement les prestations à l’unité. Ces points se rédigent une fois et évitent des discussions désagréables plusieurs mois après la vente.

Faut-il demander un acompte à la réservation ?

C’est raisonnable sur les prestations longues, où une annulation tardive coûte une demi-journée de poste. Le point technique est ailleurs : l’article L.214-1 du code de la consommation prévoit que, sauf stipulation contraire, les sommes versées d’avance sont des arrhes. Dans ce régime, si vous annulez, vous restituez le double. Si vous voulez un engagement ferme réciproque, la qualification d’acompte doit être écrite explicitement dans vos conditions générales, rédigées avec votre conseil.

Puis-je écrire que mon soin est anti-âge ou amincissant ?

Avec une extrême prudence. Le règlement (UE) n° 655/2013 impose six critères communs aux allégations cosmétiques, dont la véracité et l’existence d’éléments de preuve. La DGCCRF contrôle sur cette base et écarte les allégations trompeuses ou ambiguës. Décrire un protocole, une sensation, une fréquence conseillée ne pose aucune difficulté. Affirmer un effet mesurable que vous ne pouvez pas documenter vous expose à une sanction, et se retourne contre vous si une cliente conteste le résultat obtenu.

Puis-je annoncer l’épilation à la lumière pulsée ?

Seulement si vous remplissez les conditions du décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, codifié aux articles D.1151-1 à D.1151-11 du code de la santé publique. Ce texte a succédé à une longue période d’incertitude, ouverte par la décision du Conseil d’État du 8 novembre 2019 qui a jugé injustifiée l’ancienne restriction de 1962. Vérifiez votre situation exacte auprès de votre organisation professionnelle avant de publier la prestation, et ne la présentez jamais comme un acte à visée thérapeutique.

Mon institut est sur Instagram, ai-je besoin d’un site ?

Les deux ne font pas le même travail. Un compte social entretient une audience déjà acquise et montre le travail du moment. Un site capte une personne qui cherche activement une prestation dans votre ville, souvent pour la première fois, et lui donne tout ce dont elle a besoin pour décider : durée, contenu du soin, tarif, accès, conditions. Un compte disparaît avec la plateforme ou avec un blocage de compte. Une adresse à vous, non.

Comment présenter une cure de plusieurs séances ?

Comme un engagement dans le temps, pas comme une remise. Indiquez le nombre de séances, l’espacement conseillé, la durée de validité totale, et ce qui se passe si une séance n’est pas consommée dans ce délai. Précisez également si la cure est nominative. Cette transparence a un effet secondaire utile : elle filtre en amont les personnes qui n’auront pas la disponibilité nécessaire, et vous évite de gérer des demandes de remboursement au bout du quatrième mois.

Que faut-il éviter absolument d’écrire sur un site d’institut ?

Tout ce qui laisse penser à un acte médical ou à une guérison. Les mots traite, soigne, guérit, corrige une pathologie n’ont pas leur place, quel que soit le soin. Évitez aussi les promesses chiffrées non documentées, les avant et après présentés comme une preuve, et les comparaisons avec un institut voisin. Le reste, c’est-à-dire la description honnête de ce que vous faites et de la façon dont vous le faites, est à la fois autorisé et bien plus convaincant.

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