Pour du commerce entre professionnels, la comparaison ne se joue pas sur l’apparence des boutiques. Elle se joue sur trois points : la capacité à appliquer un prix différent selon le client, la conformité à la facturation électronique française, et la solidité du lien avec votre logiciel de gestion. Sur ces trois axes, les deux plateformes ne répondent pas de la même manière.
| Critère de décision | PrestaShop | Shopify |
|---|---|---|
| Coût du logiciel | gratuit, code ouvert et modifiable | 36 à 384 € par mois selon la formule |
| Budget projet B2B avec ERP sur 36 mois | 30 000 à 80 000 € | ticket d’entrée plus bas, intégration à chiffrer à part |
| Sites B2B actifs en France, relevé mars 2026 | 3 615 | 944 |
| Groupes de clients et prix dégressifs | gestion native | selon la formule et les applications ajoutées |
| Connecteurs Sage, EBP, Cegid | écosystème français historique | connecteurs disponibles sur l’App Store |
| Hébergement | à votre charge, localisable en France | assuré par l’éditeur |
Le sujet central, c’est la règle de prix
Un catalogue destiné aux professionnels affiche rarement un prix unique. Le client A bénéficie d’un tarif négocié, le client B d’une remise à partir de dix palettes, le client C d’un accord cadre annuel, et certains articles ne doivent apparaître que pour une partie des acheteurs. Cette combinatoire est la véritable difficulté d’un projet B2B, bien avant le design.
PrestaShop gère ces mécanismes dans son cœur, à travers les groupes de clients, les prix spécifiques, les restrictions de catalogue et le multi devises. Shopify les traite selon la formule souscrite et, dans bien des cas, avec des applications complémentaires. Le résultat peut être excellent, mais la dépendance à des briques tierces augmente, et chacune apporte son abonnement et son propre rythme de mise à jour.
- Tarifs par groupe de clients, avec héritage et exceptions individuelles.
- Remises par palier de quantité, par famille de produits ou par période.
- Catalogues restreints, où certains articles sont invisibles hors autorisation.
- Affichage hors taxes ou toutes taxes comprises selon le type de compte.
- Encours, conditions de paiement et commande sur compte client.
Facturation électronique, une échéance à ne pas sous-traiter à sa plateforme
La réforme française impose l’émission de factures électroniques entre professionnels aux formats normalisés, ainsi qu’une transmission des données de transaction pour les ventes aux particuliers. Le calendrier s’étale sur 2026 et 2027. Aucune plateforme e-commerce ne règle seule cette obligation : dans les deux cas, il faut relier votre boutique à une plateforme agréée par l’administration, via un module ou un connecteur.
La différence se situe dans la maturité de l’offre. L’écosystème PrestaShop, historiquement français, propose des modules pensés pour la comptabilité locale. Shopify, éditeur international, s’appuie sur des connecteurs et sur votre logiciel comptable pour porter la conformité. Aucune des deux voies n’est disqualifiante, mais la question doit figurer dans votre appel d’offres, avec le nom du prestataire responsable de l’émission des factures. Ne l’acceptez pas sous forme de promesse générale.
Le lien avec votre logiciel de gestion
Dans une entreprise qui vend à des professionnels, la boutique n’est pas le système maître. Le système maître est l’ERP ou le logiciel commercial, qui détient les stocks, les tarifs et les comptes clients. La boutique en est une vitrine synchronisée. Le projet consiste donc à définir la direction de chaque flux, sa fréquence, et la règle applicable en cas de conflit entre les deux bases.
- Descente des articles, des prix et des stocks depuis la gestion vers la boutique.
- Remontée des commandes, avec le rattachement au bon compte client.
- Synchronisation des encours et des blocages de compte.
- Fréquence des échanges, du temps réel au traitement de nuit.
- Procédure de reprise après un échec de synchronisation.
Ce chantier représente l’essentiel du budget d’un projet B2B, ce qui explique la fourchette de 30 000 à 80 000 € constatée sur trente-six mois pour un dispositif PrestaShop avec catalogue étendu et intégration de gestion. Le même travail existe côté Shopify, avec un ticket d’entrée logiciel plus bas mais une intégration à chiffrer séparément. Comparer les abonnements sans comparer les intégrations n’a aucun sens dans ce contexte.
Le catalogue professionnel est d’abord un problème de données
Les acheteurs professionnels ne cherchent pas comme les particuliers. Ils arrivent avec une référence fabricant, une dimension exacte ou une norme, et ils veulent la retrouver en trois secondes. Cela suppose des fiches enrichies de caractéristiques structurées, des équivalences entre références, des unités de conditionnement claires et un moteur de recherche capable de travailler sur ces attributs.
Cette exigence déplace le centre de gravité du projet. La qualité de votre base articles compte davantage que la plateforme choisie. Un catalogue mal renseigné produira une mauvaise expérience partout, et aucune fonctionnalité ne rattrapera des désignations approximatives ou des unités incohérentes. Avant de comparer les outils, faites l’inventaire de ce que contient réellement votre logiciel de gestion et de ce qu’il faudra compléter.
- Caractéristiques techniques structurées, filtrables, et non noyées dans un texte libre.
- Conditionnements et unités de vente sans ambiguïté, avec les équivalences.
- Références fabricant et codes internes, tous deux interrogeables.
- Documentation associée, fiches techniques et certificats téléchargeables.
- Disponibilité réelle et délai de réapprovisionnement affichés.
Un commercial passe un temps considérable à répondre à des questions dont la réponse devrait figurer sur la fiche. C’est là que se trouve le gain économique d’un projet de vente en ligne entre professionnels, bien plus que dans les commandes prises la nuit. Ce raisonnement vaut quelle que soit la plateforme, et il devrait figurer en tête de votre analyse de rentabilité.
Autonomie technique, la question que personne ne pose
Choisir un logiciel libre suppose de pouvoir l’exploiter. Cela signifie un hébergement dimensionné, des mises à jour appliquées, une surveillance de sécurité et quelqu’un capable d’intervenir un jour de forte activité. Beaucoup d’entreprises retiennent PrestaShop pour sa liberté, puis découvrent qu’elles n’ont personne pour l’exercer. La liberté sans compétence disponible devient une charge.
À l’inverse, une plateforme hébergée impose son cadre. Vous ne choisissez pas le moment des évolutions et vous acceptez les limites du modèle. Pour une équipe sans ressource technique interne, c’est un soulagement. Pour une entreprise disposant d’un service informatique et de contraintes métier fortes, c’est parfois un plafond. Répondez honnêtement à cette question avant de regarder les fonctionnalités, elle élimine souvent une des deux options d’emblée.
Où sont réellement les marchands B2B français
Le baromètre relevé en mars 2026 dénombre 3 615 sites B2B actifs sous PrestaShop en France, contre 944 sous Shopify. Ce chiffre n’est pas un argument de qualité, mais il a une conséquence pratique : la disponibilité des compétences et des modules spécialisés. Trouver un intégrateur qui a déjà traité votre cas de figure est plus simple là où la communauté est dense, et cela se ressent sur les délais autant que sur les tarifs.
Cette densité joue aussi sur la reprise d’un projet existant. Si votre intégrateur cesse son activité, la probabilité de trouver un remplaçant compétent sans repartir de zéro dépend directement du nombre de professionnels formés à l’outil sur votre territoire. C’est un critère de continuité, rarement évoqué en phase de choix et pourtant déterminant à cinq ans.
La localisation des données pèse également chez certains acheteurs publics ou industriels, qui exigent un hébergement en France. Un logiciel que vous installez où vous voulez répond à cette exigence sans négociation. Une plateforme hébergée à l’étranger impose une analyse contractuelle préalable.
Recommandation par profil
Les quatre situations qui suivent couvrent la majorité des demandes reçues sur ce sujet. Repérez celle qui ressemble le plus à la vôtre, puis vérifiez les deux ou trois points de contrôle qui l’accompagnent avant d’engager quoi que ce soit.
Négociant ou grossiste avec des tarifs négociés par client. PrestaShop est le choix par défaut, à condition d’avoir un intégrateur identifié et un budget de maintenance annuel. Les mécanismes de prix dont vous avez besoin existent nativement, ce qui vous évite d’empiler des briques payantes pour reproduire votre réalité commerciale.
Marque qui vend à la fois aux particuliers et aux revendeurs. Shopify tient souvent la corde, parce que la partie grand public y est plus simple à exploiter et que le volet professionnel peut se traiter en second temps. Vérifiez tout de même que vos règles de prix professionnelles passent sans développement lourd, et chiffrez les applications nécessaires sur trois ans.
Industriel avec un ERP en place et une direction informatique. Faites du logiciel de gestion le point de départ du cahier des charges, pas de la boutique. La plateforme retenue sera celle qui dialogue le mieux avec l’existant. Nos prestations d’intégration sont décrites sur la page e-commerce Shopify, et les critères de sélection d’un partenaire figurent dans notre guide pour choisir une agence web.
Entreprise sous PrestaShop qui subit sa maintenance. La question mérite d’être posée sérieusement, en chiffrant le coût réel de la situation actuelle et le risque lié au changement. Le sujet est traité dans notre guide de migration de PrestaShop vers Shopify, avec les points de vigilance sur les données et les redirections.
